De l'allégé à l'enrichi, en passant par celui qui réduit le cholestérol, celui qui lutte contre le vieillissement ou celui qui vous remonte le moral, il n'est plus un aliment qui ne fasse référence à la santé pour se vendre.
Ces messages que l'on retrouve sur les emballages de certains produits alimentaires, ont pour but de mettre en avant une propriété spécifique du produit et bénéfique pour la santé. Elles sont avant tout utilisées comme argument de vente, mais pour les consommateurs comme pour les professionnels de la santé, ces messages, peuvent constituer un renseignement utile en vue de mieux cerner certaines caractéristiques d’un aliment ou rechercher des effets spécifiques.
Si les fabricants respectent les règles du jeu, ces petites phrases trouvent un fondement scientifique. Elles peuvent ainsi faciliter la couverture nutritionnelle en un ou plusieurs nutriments, par exemple dans des situations où les besoins sont accrus (grossesse, malabsorptions intestinales…) ou lorsque certaines sources habituelles en ce nutriment ne sont ou ne peuvent être consommées en quantités suffisantes (p.ex. calcium dans le cas d’intolérance au lactose). Elles peuvent aussi tout simplement contribuer à attirer l’attention sur les relations entre l’alimentation et la santé.
Le hic ! Parmi ces aliments qui se revendiquent d'influencer sa santé, on trouve de tout. Le plus sérieux côtoie le plus farfelu, voire la mauvaise foi. Pire, tel aliment qui peut s'avérer "bon" pour la santé de l'un, sera peut-être dangereux pour la santé d'un autre. Alors comment le consommateur peut-il savoir si l'aliment qu'il s'apprête à acheter sera bon, inutile ou dangereux pour sa santé? Comment faire le bon choix?
La principale source d'information sur laquelle le consommateur se base au moment de faire ce choix est l'étiquette du produit. Il est donc essentiel que cette étiquette fournisse une information claire, correcte et fiable.
Un inventaire des produits vendus a tôt fait de démontrer que l'on est loin du compte. Les pseudo-vérités et les mensonges par omission sont fréquentes.
Exemple:
Le dessert, "à teneur réduite en matières grasses" mais dont la teneur en sucres, et donc en énergie, est particulièrement élevée.
Le fromage râpé "source naturel d'oméga 3" qui n'en contient pas plus que les autres fromages du même type et qui a surtout une teneur élevée en graisses saturées (qui favorise la fabrication de mauvais cholestérol).
Face à l'imagination débridée des industriels, à l'abondance d'allégations faisant référence de près ou de loin à la santé et aux pressions des organisations de consammateurs, les pouvoirs publics se devaient de légiférer.
Le 20 décembre 2006, le texte du "règlement européen concernant les allégations nutritionnelles et de santé portant sur les denrées alimentaires" a été voté. Enfin voté, plus exactement, car cela faisait plus de 20 ans que les consommateurs attendaient une règlementation en la matière.
Ce règlement est entré en vigueur le 1er juillet 2007. Il constitue un pas en avant pour les consommateurs mais il reste encore des étapes à franchir avant de pouvoir affirmer que le consommateur ne risque plus de se faire abuser par des allégations fantaisistes.